Une tempête, puis plus rien. Le soleil naît.
Ainsi la joie et la bonne humeur enjolivent cet endroit abstrait.
Je m'allonge, admire le ciel et recommence à rêver de paradis,
Seul moyen d'oublier, à court terme, ma lamentable vie.
Plus loin, un semblant de vie peuple cette terre inconnu.
Mes oreilles s'efforcent d'écouter le chant des oiseaux, illusoires, que mon esprit,
Débordé de ses pensées mélancoliques, a cru bon d'aller chercher dans l'oubli.
De multiples couleurs est coloré ce que j'appelle mon rêve,
La pureté de ce pays induit de penser à Mamzelle' Ève.
A côté, un ruisseau, aussi long que l'infini,
Morose... Comme cela j'exprime sa couleur intruse.
Ses vagues, à apparence chimérique, s'accordent et chantent de leurs rage leurs venues dans ma muse,
Telles des sources d'eaux qui jaillissent du plus profond de leurs nids.
Leurs gouttelettes froides, aux contacts ardent de la roche, s'élancent et m'éclaboussent.
La contrée florale qui l'entoure est arrosée, et subitement, elle se flétrie.
La guerre, splendeur féerie face à hargneuse banalité éclate sans ironie.
La pluie survient. Le chant du Spleen me revient petit à petit.
Il ne manquait plus que la guitare et sa douce mélodie...
« Adieu cher rêve, ce doux royaume n'est pas pour toi, mais à y croire je me pousse... »
Dans ce décor féerique ce fleuve est bouleversée,
Sa colère sinistre elle déchaîne sans répit,
Comme vexée elle est.
Est-ce ainsi que l'étrange est défini?
Est-ce ma présence indiscrète qui a causé cette abomination?
Simplement m'enchanter et me réjouir je souhaitais, non une rébellion.
Une ombre, ténébreuse, s'y laisse perceptible.
Assez de netteté dans cette lugubre atmosphère pour m'apercevoir que je suis le seul être ici ostensible.
Les cieux laissent couler leurs dernières larmes.
Le vent n'est, quand à lui, plus. Ils n'ont maintenant plus d'armes.
L'ancienne coulée morne cède sa place à une eau azurée,
J'approche, et j'observe. La noirâtre ombre rajeunit. Pur, puis clair elle est,
Telle une maladie que, volontairement, elle s'est acceptée de porter.
Les vagues sont exténuées. Doucement elles s'en vont,
Et curieusement, mais sans réelle stupéfaction,
Un être en larmes rouges et aux vêtements éraflés j'aperçois.
Dans ses reflets je m'y vois...